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Louis Mapou demande au camp indépendantiste de « rester groupés »

today18/06/2021

Arrière-plan

Le président du groupe Uni au congrès était l’invité politique de ce vendredi 18 juin. Durant son intervention, Louis Mapou est revenu sur le climat actuel qu’il juge « très politique » mais aussi sur la date du 3ème référendum dont l’UNI demande toujours qu’elle soit repoussée à 2022. S’agissant du gouvernement, le candidat à la présidence de l’exécutif calédonien a révélé qu’une « majorité UC-Loyalistes » serait actuellement « en mesure de faire aboutir la question du gouvernement dans les prochains jours ».

Interrogé sur le sujet, Louis Mapou déclare n’avoir « aucun regret » à ne pas avoir participé aux récentes discussions avec l’Etat. Des discussions jugées par ailleurs « précipitées » et dont les conclusions mettraient dans « l’embarras beaucoup de mouvements politiques » :

« Non, nous n’avons aucun regret sur la décision que nous avons prise de ne pas aller à Paris à l’invitation du 1er ministre pour la première raison, c’est que c’était une décision de l’ensemble du mouvement (…) donc du FLNKS. La deuxième raison c’est que nous avions besoin de mieux travailler les choses et le résultat tel qui nous arrive aujourd’hui montre que la précipitation qui a présidé à l’organisation de cette rencontre de Paris met dans l’embarras beaucoup de mouvements politiques, en tout cas en ce qui nous concerne, ne pose pas les meilleures conditions pour organiser la troisième consultation (Louis Mapou) »

Pour le président du groupe UNI au congrès, le choix du 12 décembre comme date du 3ème référendum a été fait dans la précipitation et, selon lui : « finalement, cette précipitation à Paris sert les intérêts de l’Etat français et le droit du Gouvernement central puisqu’il a décidé de façon unilatérale de la date de la prochaine consultation donnant d’une certaine manière, faisant plaisir, satisfaction, au camp de droite qui était demandeurs de cette date ». De son point de vue, cet échec serait de la responsabilité de ses « camarades » de l’Union Calédonienne à qui il demande de « rester groupés » et « unis » :

« Nous pensons que si nos camarades de l’Union Calédonienne ne s’étaient pas rendus – s’étaient conformés à la décision unanime de l’ensemble du mouvement – on n’en serait pas là en train de courir aujourd’hui pour rattraper les choses (…) Durant toute l’histoire du mouvement pour l’indépendance, nous avons eu à faire face, en permanence, à une stratégie de la part de l’Etat qui visait avant tout à diviser le camp indépendantiste dans les décisions qu’il prenait et on s’aperçoit, comme par hasard, que alors que le mouvement indépendantiste aborde cette dernière partie en ordre serré, après la mobilisation sur l’usine du Sud, après la décision de la convention de Kouaoua, que finalement, comme on a extrait nos responsables en 1988 avec la mission du dialogue pour les emmener à Paris, là on a extrait une des parties importantes du mouvement pour l’amener à Paris avec le résultat qu’on a aujourd’hui ! Donc ce que je redis c’est qu’il faut rester groupés, je demande au camp indépendantiste de rester groupés sur l’essentiel (Louis Mapou) »

Déclarant que le camp indépendantiste « allait se ressaisir », Louis Mapou a affirmé qu’il existait un « risque » lié au choix d’organiser la prochaine consultation référendaire fin 2021, et non pas en 2022 comme le souhaitait l’UNI :

« Il peut y avoir une espèce d’hésitation de la part de ce que j’appelle moi la population indépendantiste (…) ce que nous demandons simplement c’est que l’on continue à considérer que la question de l’accession à la pleine souveraineté est au-dessus de ces stratégies, qu’on peut deviner chez les uns et chez les autres à travers les initiatives qu’ils prennent donc, non, nous mobilisons à la fois pour continuer à demander que le référendum se tienne en 2022 mais aussi pour faire face à tous les défis qui peuvent se présenter à l’avenir (…) Nous allons nous ressaisir, je n’en doute pas un seul instant, parce que je le redis, la question de l’indépendance est au-delà (…) mais, par contre, sur quoi j’attire l’attention de l’ensemble de la population et des responsables politiques c’est sur les risques qu’on courre avec cette décision qui est prise sur la date parce que la France est rentrée en campagne électorale (…) Il n’y a personne, je l’ai dit par ailleurs, il n’y a personne qui est capable aujourd’hui de garantir, de dire que dans le cas du OUI ou dans le cas du NON les choses se passent bien aux présidentielles qui vont suivre »

 

Affirmant que « la fameuse période de transition qui nous est proposée aux termes des discussions à Paris est complétement dénuée de bon sens », du fait de la tenue en parallèle de la campagne présidentielle, Louis Mapou a déclaré que les mouvements constituants l’UNI (c’est-à-dire le Palika, l’UPM et l’UNID) devraient bientôt se prononcer sur un éventuel boycott de la future consultation :

« C’est une décision qui appartient aux partis politiques qui constituent l’UNI (…) c’est une question qui reste ouverte. Je rappelle qu’en 1987, lorsque Bernard Pons nous a imposé le boycott, on a décidé d’un boycott passif que nous avons scrupuleusement respecté (Louis Mapou) »

Concernant la prise de parole devant l’ONU de la présidente de la province Sud, Louis Mapou a rappelé que, pour le camp indépendantiste, l’inscription et le maintien de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires à décoloniser par les Nations-Unies était « un acquis » de la lutte indépendantiste :

« Ma première réaction c’est que je note que la présidente de la province Sud vient plaider pour le maintient au sein de la République sur toutes les conséquences qu’elle considère comme néfastes de l’accession à l’indépendance dans une enceinte dont l’essence même est de défendre l’existence des nations ! (…) Je trouve qu’il y a un discours là très décalé (…) Madame Backes pense qu’elle peut comme ça, à elle toute seule, aller demander à l’Onu de sortir la Nouvelle-Calédonie de la liste des pays à décoloniser. Non, c’est un acquis ! (…) la raison d’être des Nations-Unies c’est de défendre l’existence des nations, l’intégrité des nations, mais aussi l’ONU a été porteur pendant très longtemps de la cause de la décolonisation. J’ai du mal à penser que parce que Madame Backes l’a demandé, l’ONU se rangerait. C’est une bataille que nous mènerons en temps voulu (Louis Mapou) »

Rappelant qu’à Paris, le « président Goa s’est prononcé pour l’indépendance-association devant le 1er Ministre », Louis Mapou a enfin évoqué le « problème de gouvernance » du pays, ajoutant que « pour pouvoir entreprendre les réformes il faut que ce pays soit gouverné », ce qui n’est plus le cas depuis février dernier. Quatre mois ont passé en effet durant lesquels les membres de l’UC et de l’UNI n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le choix d’un président pour le gouvernement. Cependant, Louis Mapou a affirmé que l’UC et les Loyalistes étaient actuellement « en mesure de faire aboutir la question du gouvernement dans les prochains jours » et que l’UNI était tenue éloignée de ces discussions :

« Nous avons un problème de gouvernance (…) Ce qu’on observe c’est que les camarades de l’Union Calédonienne sont en étroite relation avec les responsables qui ont été avec eux à Paris, les Loyalistes (…) A priori, ils seraient en mesure de réaliser ou de faire aboutir la question du gouvernement dans les prochains jours. Surement que leur comité directeur de ce week-end va donner le feu vert (…) avec le nom d’un président qui viendrait donc d’une alliance avec la droite parce que nous, nous n’avons pas été consultés (…) Si un président est nommé par une majorité indépendantiste, enfin UC et Loyalistes, et bien il y aura un président (Louis Mapou) »

Selon cette analyse, dans le cadre du renouvellement du bureau du congrès, l’Union Calédonienne pourrait ainsi être tentée d’échanger avec des mouvements non-indépendantistes la présidence du gouvernement contre celle du congrès, et ce afin que son actuel président Roch Wamytan puisse y conserver son siège. Dans cette hypothèse, les 3 membres UC du gouvernement pourraient donc s’allier aux 4 membres Loyalistes de l’AEC afin de replacer Thierry Santa à la tête du 17ème Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Une hypothèse qui sera vraisemblablement discutée lors du comité directeur de l’UC ce samedi 19 juin…

Écrit par: webmaster

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Avis de décès : Madame Malia TEU née AFIONE – Survenu le Jeudi 17 Juin Les veillées auront lieu à la morgue de Nouméa Le Dimanche 20 Juin de 12h à 20h et Le Lundi 21 Juin à partir de 7h. La cérémonie religieuse sera célébrée en la salle œcuménique de Nouméa Le Lundi 21 Juin à 9h15 suivie de l’inhumation au cimetière du 5ème KM.

On nous prie d’annoncer le décès de Madame Malia TEU née AFIONE Survenu le Jeudi 17 Juin Les veillées auront lieu à la morgue de Nouméa Le Dimanche 20 Juin de 12h à 20h et Le Lundi 21 Juin à partir de 7h. La cérémonie religieuse sera célébrée en la salle œcuménique de Nouméa Le Lundi 21 Juin à 9h15 suivie de l’inhumation au cimetière du 5ème KM.

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